Le père Matteo, notre curé.

Le 18 janvier, à Saint-Bruno aura lieu une veillée de prière en présence de Fouad Hassoun, auteur du livre J'ai pardonné (voir ci-dessous) et au profit de l'association Le Phoenix, qu'il a créée pour remplir la double mission de former des jeunes à la Paix et d'aider les victimes de conflits à se reconstruire. Cette année, Phoenix aura formé plus de 12000 Semeurs de Paix dans une soixantaine d'écoles et collecté de nombreux dons, pour soutenir essentiellement les missions de charité à Beyrouth et au Sud Liban qui se vide de sa population chrétienne.
Horaires du 8 au 21 février.
Horaires du 1 au 7 février.
Église Saint-Bruno-les-Chartreux.

Le maître autel de l'église.

Le baldaquin.

Saint Bruno.

Le baptistère.

L'autel de la Vierge.

Saint Matthieu.

Saint Marc.

Saint Luc.

Saint Jean.

Sanctus Spiritus

Gloria in excelsis

Vers la Jérusalem céleste.

Euthanasie, un sursaut est possible!
Euthanasie : un sursaut est possible La proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir » adoptée par l’Assemblée nationale va donc passer au Sénat. La Commission des affaires sociales et la Commission des lois du Sénat ont examiné ce texte.
La Commission des lois, qui a le mérite d’éviter une falsification du langage, constate que ce texte « prend la forme d’une euthanasie ou d’un suicide assisté ». Elle reconnait « une profonde rupture quant au rapport de notre société à la mort » et même « une incitation à la mort ». Elle considère également que « le domaine d’application de la loi paraît extensible » et qu’il faut bien « avoir en tête le risque que ce texte serve de ‘pied dans la porte’ vers une extension future du champ couvert par ce droit à mourir ».
La Commission des affaires sociales, quant à elle, constate « une rupture fondamentale avec l’exercice traditionnel des professions de santé ». Consciente des « dérives observées dans les pays ayant légiféré sur l’aide à mourir », elle met en garde contre un texte qui doterait « la France d’une des législations les plus permissives au monde ».
Doit-on pour autant s’attendre à ce que le Sénat rejette le principe de « l’aide à mourir » ? Rien n’est moins sûr. Ces deux commissions proposent simplement une « amélioration » de la proposition de loi afin de « sécuriser la procédure » permettant l’accès à l’aide à mourir.
Comment expliquer une telle incohérence ? Est-ce pour céder à la pression « d’une demande sociétale d’autodétermination en toutes circonstances », comme l’écrit la Commission des lois ? Est-ce pour palier « les carences de l’offre de soins palliatifs » que constate la même commission ? Est-ce pour faire des économies ?
L’heure est venue de proposer à nos concitoyens autre chose que cet individualisme mortifère qui fragilise la cohésion sociale. Alors que la violence et la mort provoquée se banalisent, il est urgent de rappeler le caractère sacré de la vie humaine.
Mesdames et Messieurs les parlementaires, l’heure est au courage et à la vérité. Nous comptons sur vous pour dire non à l’euthanasie et oui aux soins palliatifs !
+ Olivier de Germay Archevêque de Lyon
OEUVRES COMPLÈTES DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME, par M. JEANNIN, BAR-LE-DUC, L. GUERIN, EDITEUR, 1865.
« Vous êtes, » leur dit-il, « la lumière du monde ( 14 ). » Il ne les appelle pas seulement la lumière d'une ville ou d'un peuple, mais « la lumière du monde. » Comme « le sel » dont il vient de parler est un sel tout spirituel, de même « la lumière » dont il parle ensuite est une lumière intérieure plus éclatante que la lumière du soleil. Il met d'abord « le sel », et en suite « la lumière », pour montrer quel est l'avantage des paroles piquantes et le fruit d'une doctrine salutaire, puisqu'elle resserre en quelque sorte les âmes, en ne leur permettant plus de se relâcher et de se corrompre, et qu'elle les élève et les conduit comme par la main dans la voie de la vertu. »
« Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ( 14 ). Et on n'allume point une lampe pour la mettre sous un boisseau, mais on la met sur un chandelier, a afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison ( 15 ). » Jésus-Christ excite encore ses apôtres par ces paroles à veiller sur leur conduite, et les avertit de se tenir sur leur garde, se considérant comme exposés à la vue de tous les hommes et comme combattant sur un théâtre élevé au milieu de toute la terre. Ne vous arrêlez point, leur dit-il, à considérer ce petit coin du monde où nous sommes, lorsque je vous parle. Vous serez aussi en vue à tous les hommes que l'est une ville située sur le haut d'une montagne, ou une lampe qui éclaire toute une maison.
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Où sont maintenant ceux qui osent douter de la toute puissance de Jésus-Christ ? Qu'ils écoutent ces paroles et que, reconnaissant la force de cette prophétie, ils soient frappés d'admiration et qu'ils viennent avec frayeur adorer cette redoutable majesté. Considérez ce que Jésus-Christ dit ici à des hommes qui n'étaient pas même alors connus dans leur propre pays, et comment il leur promet que la terre et la mer les connaîtront, et qu'ils rempliront le monde de leur réputation, ou plutôt non seulement de leur réputation, mais encore de l'efficacité de leurs bienfaits. Car ce n'est pas la renommée qui, en portant partout leurs noms, les a rendus célèbres, c'est l'éclat des œuvres qu'ils ont faites. Ils ont été comme des aigles qui ont couru d'un bout du monde jusqu'à l'autre avec plus de vitesse et de rapidité que le soleil, répandant de tous côtés la lumière et l'ardeur de la piété.
Mais il me semble que Jésus-Christ, par ces paroles, les exhorte encore à la confiance. Car en disant : « Qu'une ville située sur une montagne ne peut être cachée, » il déclare manifestement sa toute-puissance. Il semble qu'il dise que comme il est impossible qu'une ville soit cachée sur une montagne, il est impossible aussi que son Évangile ne se publie et qu'il demeure enseveli dans le silence. Après leur avoir parlé des persécutions, des calomnies, des périls et des afflictions, il ne veut pas qu'ils croient que ces maux puissent leur fermer la bouche et les obliger à se taire, et, pour les rassurer, il leur promet que non seulement leur prédication n'en sera pas obscurcie, mais qu'elle en éclatera davantage pour éclairer tout l'univers ; et qu'ainsi ils deviendront eux-mêmes célèbres et illustres. Par là il montre donc sa toute-puissance ; et par ce qui suit, il leur marque quelle fermeté il attend d'eux. En effet, après avoir dit : « On n'allume point une lampe pour la mettre sous un boisseau, mais on la met sur un chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison ; » il ajoute : « Ainsi que votre lumière luise devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père, qui est dans les cieux ( 16 ). » J'ai allumé la lampe moi-même, leur dit-il ; c'est à vous maintenant à prendre garde qu'elle ne s'éteigne. Conservez-lui son éclat, non seulement à cause de vous, mais encore à cause de ceux dont vous devez être la lumière, pour les éclairer et les conduire dans le chemin de la vérité. Les plus noires calomnies des hommes ne pourront obscurcir votre lumière, si vous vivez selon les règles que je vous donne, et d'une manière digne de ceux qui doivent convertir toute la terre. Faites donc que la sainteté de votre vie réponde à la grâce dont vous êtes les dispensateurs, afin que votre vertu conspire à étendre la publication et à relever la gloire de mon Évangile.
Il joint encore à ce premier avantage, qui est la conversion des hommes, une considération puissante pour les encourager, et pour les rendre plus fervents dans la pratique des vertus. Car en vivant de la sorte, leur dit-il, non seulement vous convertirez les hommes, mais « vous glorifierez Dieu votre Père : » comme au contraire, si vous agissez autrement, vous serez cause et que les hommes se perdront, et que le nom de Dieu sera déshonoré par leurs blasphèmes.
8. Les apôtres pouvaient demander ici à Jésus-Christ : Comment le Christ sera-t-il glorifié à cause de nous, si les hommes doivent nous maudire ? — Mais ce ne seront pas tous les hommes ; il n'y en aura que quelques-uns, et encore ne le feront-ils que par envie. Et ces envieux-là même, en vous décriant, vous admireront, comme les flatteurs condamnent dans leur cœur ceux qu'ils comblent ouvertement de fausses louanges.
Quoi donc, Seigneur, nous ordonnez-vous de vivre pour l'ostentation et l'amour de la gloire ? — Au contraire, répond Jésus-Christ, je vous le défends très expressément. Je ne vous ai point commandé de publier vos bonnes œuvres, et de faire que tout le monde les connaisse. Je vous ai dit seulement : « Que votre lumière luise, » c'est-à-dire : qu'il y ait en vous une grande vertu, que le feu de la charité brûle dans vos cœurs, et que sa lumière éclate au dehors. Car quand la vertu est dans cette haute perfection, il est impossible qu'elle demeure inconnue, quelque effort que puisse faire celui qui la possède, pour la cacher. Rendez donc toute votre vie irrépréhensible aux yeux des hommes, et qu'ils ne trouvent en vous aucun prétexte de vous accuser. Après cela, quand vous auriez mille calomniateurs, personne ne pourra ternir votre gloire.
C'est avec une grande raison qu'il se sert ici du mot de « lumière. » Car il n'y a rien qui rende un homme si remarquable et si illustre, que cet éclat qui naît de la vertu, quand, d'ailleurs, il ferait tout son possible pour demeurer inconnu. Il semble qu'il soit toujours environné du soleil, et que les rayons qu'il lance de toutes parts, non seulement percent par toute la terre, mais pénètrent même jusque dans le ciel. Jésus-Christ donc console ainsi ses apôtres. Si d'un côté plusieurs s'efforcent de vous noircir par leurs médisances, il y en aura aussi beaucoup d'autres qui vous admireront, et qui seront excités par votre exemple à aimer et à glorifier Dieu. Ainsi des deux côtés s'accroîtra votre récompense, puisque Dieu sera glorifié à cause de vous, et que vous serez insultés à cause de Dieu.
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De peur que nous n'allions, de propos délibéré, attirer sur nous les mauvais propos des hommes, sous prétexte qu'une récompense est proposée à qui les souffre, il se garde de s'exprimer à cet égard d'une manière absolue, mais il apporte deux conditions : la première, c'est que le mal qu'on dira de nous soit faux ; la seconde, c'est que nous le souffrirons pour l'amour du Dieu. Il leur enseigne de plus, que si les calomnies qu'ils souffriront, ne les empêchent pas d'être heureux, l'estime aussi qu'on fera d'eux leur sera très avantageuse, puisque la gloire en remontera jusqu'à Dieu. Il relève ainsi leurs espérances pour l'avenir, comme s'il leur disait : Jamais la calomnie de vos envieux ne sera assez puissante pour aveugler de telle sorte les esprits des hommes, qu'ils ne puissent plus découvrir votre lumière. Lorsque vous deviendrez un sel fade et sans force, ce sera alors que vous serez foulés aux pieds par tout le monde. Mais lorsqu'en vivant saintement vous serez en butte à la calomnie, il s'en trouvera toujours plusieurs qui admireront votre vertu, et qui apprendront par votre exemple à rendre à votre Père la gloire qui lui est due. Il ne dit pas, votre Dieu, mais votre père, leur donnant déjà par avance des marques, et comme des gages de cette glorieuse naissance, qui devait les rendre les enfants de Dieu. En outre cette expression marque l'égalité d'honneur qui existe entre le Père et lui ; en effet après avoir dit plus haut : ne vous attristez pas des mauvais propos auxquels vous serez en butte, il vous suffit que vous y soyez exposés à cause de moi, c'est maintenant le Père qu'il met au lieu de lui ; l'égalité des personnes ne saurait être mieux marquée.
Puisque nous voyons, mes frères, que notre zèle sera si heureux, et notre négligence si malheureuse, et qu'elle deviendra d'autant plus criminelle, que le nom de Dieu sera blasphémé à cause de nous, rendons-nous, comme dit saint Paul, irrépréhensibles à l'égard des juifs, des gentils, et de toute l'Église de Dieu, et que toute notre vie soit plus pure et plus éclatante que la lumière du soleil. Que si quelqu'un parle mal de nous, ne nous affligeons pas de ce qu'on nous décrie ; mais seulement de ce qu'on a raison de le faire. Si nous sommes dans le vice, quand personne ne parlerait mal de nous, nous serons les plus misérables de tous les hommes : mais si nous n'abandonnons point la vertu, quand tout le monde s'accorderait à nous charger d'outrages, nous ne laisserons pas d'être les plus heureux de tous les hommes, et nous attirerons de notre côté tous ceux qui penseront sérieuse ment à leur salut. Ils ne s'arrêteront pas aux médisances des méchants ; mais ils considéreront la pureté de notre vie. Car les actions saintes rendent un son plus perçant que les trompettes les plus éclatantes ; et la pureté des mœurs jette une lumière plus brillante que les rayons du soleil. Quand il y aurait mille calomniateurs, c'est en vain qu'ils s'efforceraient d'obscurcir un si grand éclat.
Si nous possédons ces vertus dont nous venons de parler ; si nous sommes doux, miséricordieux, humbles, pacifiques, et purs de cœur, si nous ne rendons point injure pour injure, mais si nous nous réjouissons du mal qu'on dit contre nous, il n'est pas douteux que ces vertus ne frapperont pas moins ceux qui les verront, que pourraient faire les plus grands miracles. Tout le monde viendra avec joie se ranger de notre côté. Il n'y aura point d'homme, quelque méchant qu'il puisse être, qui ne fléchisse, quand ce serait une bête farouche, quand ce serait un démon. Que s'il s'en trouve néanmoins quelques-uns qui ne laissent pas de vous déchirer par leurs impostures, ne vous en troublez point. Ne regardez point ce qu'ils disent de vous en public, entrez dans le fond de leur conscience, et vous verrez que lors même qu'ils vous décrient, ils vous estiment, ils vous admirent, et ils vous donnent mille éloges en secret.
Considérez combien Nabuchodonosor loue ces trois jeunes hommes de la fournaise, quoi qu'il fût leur ennemi déclaré. Aussitôt qu'il a éprouvé leur confiance et leur courage, il les loue, il leur offre des couronnes, seulement parce qu'ils avaient été fermes à lui désobéir, et à se tenir inviolablement attachés à la loi de Dieu. Quand le démon voit qu'il ne gagne rien par les calomnies qu'il fait publier contre nous, il se retire de peur de contribuer à augmenter notre couronne. Et quand cet imposteur se retire de ceux qui nous décriaient, quelque méchants et quelque corrompus qu'ils puissent être, ils reconnaissent enfin notre vertu, et ce nuage dont elle était couverte, se dissipe en même temps. Que si les hommes se refusent opiniâtrément à vous rendre justice, la récompense et la gloire que Dieu vous garde n'en seront que plus grandes.
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9. Ainsi donc ne vous affligez, ni ne vous découragez point, puisque les apôtres même « ont été aux uns une odeur de mort, et aux « autres une odeur de vie » ( 2 Cor. 2, 16 ). Pourvu que vous ne donniez aucun sujet aux calomnies, vous serez exempts de faute, et les invectives ne feront que redoubler votre gloire. Que votre vie éclate en vertu et en sainteté, et après cela méprisez tous les calomniateurs. Car il est impossible qu'une grande vertu n'ait pas toujours beaucoup d'ennemis. Mais elle est hors d'atteinte à tous leurs efforts ; et en la combattant ils ne servent qu'à la rendre plus illustre.
Que ces considérations, mes frères, nous portent à n'être attentifs qu'à une seule chose, qui est de bien régler toute notre vie. Ce sera ainsi que nous pourrons éclairer ceux qui sont assis dans l'ombre de la mort, et les attirer à la lumière et à la vie de Dieu. La force de cette lumière est telle, qu'elle peut non seulement éclairer les hommes en cette vie, mais les conduire même jusqu'en l'autre, pourvu qu'ils la suivent. Lorsqu'ils verront le mépris que nous avons pour tout ce qu'il y a sur la terre, et notre attente continuelle des biens du ciel, ils seront incomparablement plus touchés de nos actions, que de tout ce que nous leur pourrions dire. Car quel est l'homme, si stupide qu'on le suppose, qui, en voyant une personne plongée un peu auparavant dans l'amour des plaisirs et des richesses, se délivrer tout d'un coup de cet esclavage, s'élever à Dieu comme si elle avait des ailes, être prête à souffrir la faim, la pauvreté, et toutes sortes de travaux, et courir aux périls, à la mort, et à tout ce que les autres regardent comme effroyable, quel est, dis-je, l'homme qui ne regarde ce changement comme une preuve certaine des biens invisibles d'une autre vie ? Que si l'on voit au contraire que nous nous embarrassions dans les soins et dans l'amour des choses d'ici-bas, comment pourra-t-on croire que nous soupirions après la félicité du ciel ? Qui pourra excuser notre lâcheté, lorsque le respect et la crainte que nous devons à Dieu, n'aura pas eu sur nous la même force qu'a sur les sages du monde, l'amour de la gloire ?
On a vu quelquefois ces philosophes superbes renoncer à toutes les richesses, et mépriser la mort, seulement pour s'acquérir de l'estime parmi les hommes. Ils ont fait toutes ces choses, n'ayant pour fruit et pour espérance que la vanité. Mais quelle excuse nous reste-t-il à nous autres, qui attendons une récompense si ineffable, et qui avons reçu de si grandes lumières, si nous ne faisons pas même ce que ces philosophes ont fait, et si au lieu d'user de ces grâces pour notre salut, nous nous perdons nous-mêmes, et les autres avec nous ? Un païen qui pèche est beaucoup moins coupable qu'un chrétien qui tombe dans la même faute. Et la raison en est claire, puisque toute la gloire qu'attendent ces premiers, est une gloire corruptible et périssable, et que la nôtre au contraire est aujourd'hui, par la grâce de Dieu, reconnue et respectée même par les impies. C'est pourquoi lorsque les païens veulent nous faire un grand reproche, et nous couvrir de confusion, ils nous disent : vous faites cela vous, un chrétien ? Ce qu'ils ne diraient pas sans doute, s'ils n'avaient une grande idée de notre religion.
Ne savez-vous pas combien Jésus-Christ vous a donné de préceptes, et combien est pur ce qu'il vous commande ? Comment pourrez-vous obéir à un seul des commandements qu'il vous fait, puisqu'au lieu de vous y appliquer, vous courez de tous côtés pour recueillir l'argent de vos injustices ; vous ajoutez usure sur usure ; vous vous occupez à un commerce et à un trafic indigne de vous, vous ne pensez qu'à acheter des troupes d'esclaves, des vases d'argent, des terres, des maisons, et des ameublements à l'infini ? Encore plût à Dieu que vous en demeurassiez là ! Mais lorsqu'à ces bassesses, vous joignez encore l'injustice ; que vous ajoutez à vos terres les terres de vos voisins ; que vous enlevez les maisons des autres, que vous opprimez le pauvre ; et que vous augmentez la misère de ceux qui meurent de faim, comment serez-vous dignes de mettre seulement le pied sur le seuil de cette église ?
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Mais peut-être que vous faites quelques aumônes aux pauvres. Je le sais : mais je sais aussi combien il se mêle de corruption dans ces aumônes. Car ou vous les faites avec le sentiment d'un orgueil satisfait ; ou pour vous acquérir une vaine gloire parmi les hommes, et ainsi ces bonnes œuvres sont sans récompense. N'êtes-vous donc pas bien malheureux de vous nuire de la sorte en faisant du bien, et de trouver le naufrage dans le port ? Ainsi pour éviter ce malheur ; lorsque vous faites quelque bien, n'en attendez pas la récompense d'un homme, afin que Dieu même vous la doive. C'est lui qui a dit : « Prêtez sans en rien espérer » ( Luc 6, 35 ). Puisqu'un Dieu qui est si riche, se charge de vous payer cette dette, comment pouvez-vous l'exiger d'un homme, et d'un homme qui est si pauvre ? Ce débiteur adorable se fàche-t-il, lorsqu'on exige de lui ce qu'il doit ? Est-il pauvre, ou dissimule-t-il de payer sa dette ? Ne savez-vous pas que ses trésors sont inépuisables, et sa libéralité infinie et incompréhensible ? adressez-vous donc à lui ; importunez-le ; pressez-le de vous payer, parce qu'il prend plaisir à ce qu'on l'importune de la sorte. Lorsqu'il voit qu'on exige d'un autre ce qu'il doit, il le tient à injure : et alors il ne pense plus à payer ce qu'il devait, mais à se venger de l'injustice qui lui est faite.
Suis-je un ingrat, vous dit-il alors ; où avez-vous trouvé que je sois pauvre, pour ne vous adresser pas à moi, afin que je vous paye, et pour avoir recours à un homme ? vous avez prêté à l'un, et vous exigez de l'autre le payement ? À la vérité c'est un homme qui a reçu, mais c'est Dieu qui a commandé de donner. C'est lui qui est votre principal débiteur. C'est lui qui répond de votre argent, qui est votre caution, et qui vous fait naître une infinité d'occasions d'exiger de lui ce qu'il vous doit. Ne quittez donc pas cette facilité que vous trouvez auprès de Dieu à vous faire payer, pour vous adresser à un homme qui n'a rien.
Car pourquoi me considérez-vous moi, ou quelque homme que ce soit, quand vous faites une action de miséricorde ? Est-ce moi qui vous ai commandé de la faire ? Est-ce moi qui vous en ai promis la récompense ? N'est-ce pas Dieu même qui a dit : « Celui qui a compassion du pauvre, donne son argent à usure à Dieu » ( Prov. 19, 17 ) ? Puis donc que c'est Dieu qui vous est redevable, adressez-vous à lui. Vous dites qu'il ne vous payera pas toute votre dette en cette vie. Mais c'est pour votre avantage, qu'il diffère de vous la payer ailleurs. Dieu ne fait pas comme les hommes qui se hâtent de rendre seulement ce qu'on leur avait prêté. Il pense à assurer et à multiplier votre principal. C'est pourquoi il veut qu'ici vous lui donniez beaucoup à usure, et il vous réserve un trésor ailleurs.
10. Sachant cela, mes frères, pratiquons donc beaucoup la miséricorde ; montrons beaucoup d'humanité pour les pauvres, et assistons-les non seulement de notre bien, mais encore de nos bons offices. Si nous voyons qu'on fasse souffrir et qu'on maltraite quelqu'un dans l'agora, délivrons-le ; s'il faut pour cela donner de l'argent, donnons-en ; s'il faut y employer les paroles et les sollicitations, ne les épargnons pas. Une seule de nos paroles sera récompensée, et encore plus nos gémissements et nos soupirs. C'est pourquoi le bienheureux Job disait : « Je pleurais sur celui qui était dans l'affliction, et mon âme était touchée de compassion pour le pauvre » ( Job 30, 23 ). Que si les soupirs et les larmes seules ont leur prix devant Dieu, comment les récompensera-t-il, lorsqu'on y joindra les paroles, les soins, et les actions ?
Et nous aussi, nous étions dans l'inimitié de Dieu ; et le Fils unique a opéré notre réconciliation ; il s'est interposé ; il a subi le châtiment à notre place ; il a enduré la mort pour nous. Ayons la même charité envers ceux qui sont dans l'affliction, et tâchons de les délivrer de tant de misères qui les accablent. Défaisons-nous de la détestable coutume que nous avons de nous attrouper autour des gens qui se querellent ou se battent, arrêtés que nous sommes par le plaisir que nous trouvons dans la honte et la douleur des autres, et charmés par la vue d'un spectacle diabolique. Quoi de plus inhumain qu'une telle conduite ? Vous voyez des personnes se déchirer par des injures, se meurtrir de coups, s'arracher leurs vêtements, se défigurer le visage, et vous pouvez vous arrêter pour les regarder en paix ? Est-ce donc un lion ou un ours qui se bat ? Est-ce un serpent ou quelque autre bête farouche ? N'est-ce pas un homme semblable à vous ? N'est-ce pas votre frère, et l'un de vos membres ? Ne les regardez donc pas, mais séparez-les. Ne prenez pas plaisir à les voir, mais tâchez de les réconcilier. Bien loin d'attirer les autres à ce spectacle honteux, tâchez au contraire d'en chasser ceux qui s'y rassemblent. Il faut avoir perdu et l'honneur et la raison, il faut être un méchant et un scélérat, pour vouloir bien repaître ses yeux de semblables turpitudes. Vous voyez un homme qui en outrage un autre ; et vous croyez être innocent en voyant ce mal sans l'empêcher ? Vous ne vous jetez pas au milieu de ces personnes, pour dissiper cette œuvre du diable, et pour prévenir les périls et la mort des hommes !
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Oui, direz-vous, pour que je m'expose moi-même aux coups, faut-il aussi que je coure ce danger ? l'ordonnez-vous ? Il est probable que ce malheur ne vous arrivera pas. Mais supposons qu'il vous arrive, eh bien ! votre fait sera celui d'un martyr, car c'est pour Dieu que vous aurez souffert. Si vous craignez d'être blessé pour votre frère, considérez que votre Sauveur a bien voulu être crucifié pour vous. Ces personnes que vous regardez sont comme des hommes ivres. Ils sont transportés par la violence de leur passion et de leur fureur. Ils ont besoin de quelque personne sage qui les assiste dans cette rencontre. Celui qui fait l'outrage et celui qui le reçoit, ont tous deux également besoin de ce secours ; l'un pour ne plus souffrir cette violence, et l'autre pour ne la plus faire. Rendez-leur donc ce service. Tendez la main, vous qui êtes sobre, à ces personnes qui sont ivres. Car la colère et la fureur est une ivresse pire que n'est celle du vin.
Ne voyez-vous pas tous les jours sur la mer que lorsqu'un vaisseau est menacé du naufrage, tous les mariniers qui sont au port courent au secours de leurs compagnons qui sont en danger de se perdre ? Si la communauté de leur métier leur inspire ce dévouement, combien plus n'en doit pas inspirer la communauté de la nature. Ces personnes que vous voyez sont en danger de faire un naufrage bien plus dangereux que n'est celui de la mer. Car ou celui qui souffre l'injure commet le blasphème ou le parjure, emporté par sa colère, et le malheureux perdant tous ses avantages, tombe misérablement en enfer ; ou celui qui fait violence devient l'homicide de son âme, comme il l'est du corps de son ennemi, et se tue en le tuant. Allez donc, arrêtez de si grands maux. Retirez du milieu des eaux ces personnes qui y périssent. Jetez-vous hardiment dans le fond de ces abîmes pour les en retirer. Faites cesser ce spectacle diabolique. Prenez chacun en particulier ; exhortez-le, et tâchez d'apaiser cette tempête. Que si leur colère est trop violente, ne vous rebutez pas. Vous avez beaucoup de personnes auprès de vous, qui vous aideront quand vous aurez commencé, et Dieu qui est le Dieu de la paix vous assistera encore plus alors que tous les hommes ensemble. Si vous étendez le premier la main pour étendre la flamme, les autres vous imiteront, et vous recevrez la récompense du bien que vous leur aurez fait faire. Considérez ce que le Christ a commandé autrefois aux Juifs, quoique si grossiers et si terrestres. Si vous voyez, leur dit-il, que le cheval de votre ennemi soit tombé dans le chemin, ne passez pas outre, mais courez à son secours, afin de l'aider à relever son cheval. Or il est bien plus aisé de séparer deux personnes qui se battent, et de les réconcilier ensemble. Si donc Dieu commande ce secours de charité pour sauver le cheval de son ennemi ; combien plus vous le commande-t-il pour sauver l'âme de vos frères ; principalement lorsque leur chute est incomparablement plus funeste ? Car elle ne tombe pas dans un bourbier, mais dans le feu même de l'enfer, où elle se précipite après s'être laissée abattre par la violence de sa colère. Cependant lorsque vous voyez votre frère accablé sous ce poids, et que de plus le démon lui insulte, et excite encore ce feu qui le brûle, vous passez outre sans être touché de compassion, et avec une cruauté qui serait inexcusable même envers les bêtes.
11. Le Samaritain autrefois ayant vu un homme blessé, quoiqu'il ne le connût pas, et qu'il ne lui fût rien, s'arrêta néanmoins et le mit sur son cheval, le mena dans une hôtellerie, et ayant fait venir un médecin pour guérir ses plaies, il donna sur l'heure une partie de l'argent, et promit le reste. Et vous lorsque vous voyez votre frère tombé entre les mains non des voleurs, mais des démons ; lorsque vous voyez que la colère lui déchire le cœur, non dans les bois ou dans les lieux écartés, mais au milieu de la ville, vous passez sans rien dire, avec une dureté cruelle et impitoyable, quoique vous n'ayez pas besoin pour le soulager de prêter votre cheval, comme le Samaritain, ou d'aller bien loin, ou de donner de l'argent ? Après cette inhumanité envers votre frère, attendez-vous que Dieu vous écoute lorsque vous l'invoquerez ?
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Des spectateurs passons aux acteurs de ces honteuses luttes. Je m'adresse à vous qui osez outrager votre frère devant tout le monde. Dites-moi, vous faites des blessures, vous frappez avec le pied, vous mordez. Êtes-vous donc un sanglier, ou un onagre ? Ne rougissez-vous point de quitter la douceur naturelle à l'homme, pour prendre la fureur des bêtes sauvages ? Vous êtes pauvre, mais vous êtes libre ; vous êtes un artisan, un manœuvre, mais vous êtes chrétien. La qualité même de pauvre vous engage plus à la douceur et à la paix. C'est aux riches à disputer et non pas aux pauvres : car les richesses mêmes leur donnent mille sujets de divisions et de querelles. Vous n'avez pas la satisfaction des richesses, et vous en attirez la malédiction sur tous, en vous engageant comme les riches dans des inimitiés et des querelles. Vous osez battre et outrager votre frère, vous l'étranglez, et vous le foulez aux pieds devant tout un peuple. Ne voyez-vous pas quelle honte vous encourez en imitant la fureur des bêtes féroces, en les surpassant même en cruauté ? Car les bêtes ont toutes choses en commun ; elles s'attroupent ensemble ; elles marchent ensemble ; elles se réjouissent d'être ensemble : et nous, au contraire, nous n'avons rien de commun. Tout est dans la confusion parmi nous ; ce ne sont qu'inimitiés, que querelles, qu'injures et outrages. Nous n'avons de respect ni pour le ciel, où nous sommes tous appelés, ni pour la terre qui nous a été donnée pour en jouir tous ensemble ; ni pour la nature même qui nous est commune à tous. La passion de la colère, et l'amour des richesses ont tout ravagé dans nos cœurs.
Ne savez-vous point dans quel malheur tomba ce serviteur, qui devait mille talents à son maître et qui osa bien, après qu'on lui eut remis cette dette, étrangler sans compassion un de ses confrères qui lui devait cent deniers ? Vous souvenez-vous comment il fut condamné sur l'heure à une éternelle mort ? Vous ne tremblez point à cet exemple et vous ne lisez pas dans le sort de ce misérable l'arrêt qui est déjà prononcé contre vous ! Car nous sommes aussi nous autres redevables à Dieu d'une infinité de dettes. Et néanmoins sa patience nous attend et il ne nous traite point avec la rigueur dont nous usons envers nos frères. Il ne nous met point le pied sur la gorge, quoique s'il voulait se faire payer de la moindre partie de ce que nous lui devons, il y a déjà longtemps que nous serions tous perdus.
Pensons à ceci, mes très chers frères, humilions-nous et tenons-nous pour obligés à ceux même qui nous doivent, puisque si nous agissons sagement et chrétiennement envers eux, ils nous serviront à obtenir de Dieu la remise d'une grande dette et qu'en leur donnant peu, nous en recevrons beaucoup. Pourquoi exigez-vous avec violence ce que votre frère vous doit ? Quand il voudrait vous le rendre, vous devriez le lui remettre volontairement, afin que Dieu vous en tint compte un jour et vous rendît le tout. Cependant vous agissez inhumainement et vous faites tous vos efforts pour ne pas perdre un denier de ce qui vous est dû. Il semble que cette violence ne tombe que sur votre frère ; mais vous vous percez vous-mêmes en le blessant et vous ne faites qu'accroître le supplice qui vous est réservé dans l'enfer. Que si au contraire vous témoignez un peu de charité, vous obligerez Dieu même à vous traiter avec douceur dans son jugement. Car il veut que nous commencions ici les premiers à pratiquer cette générosité envers nos frères, afin d'en tirer occasion de nous rendre beaucoup plus que nous ne donnons.
Faites donc grâce à tous ceux qui vous sont redevables, remettez aux uns l'argent qu'ils vous doivent, aux autres les offenses que vous en avez reçues, et exigez ensuite de Dieu la récompense de cette conduite si généreuse. Tant que vous presserez les hommes de vous payer, Dieu ne sera point votre débiteur. Mais quand vous leur remettrez ce qu'ils vous doivent pour vous adresser à Dieu, il récompensera votre générosité par une magnificence toute divine. Si un homme, vous voyant prendre l'un de vos débiteurs à la gorge pour lui faire payer ses dettes, vous conjurait de le laisser et se chargeait lui-même de cette dette ; et qu'en sa considération vous eussiez laissé aller cet homme libre, n'est-il pas vrai que ce répondant si charitable se tiendrait pour votre obligé, quoiqu'il se fût chargé de toute la dette que vous exigiez de l'autre ? Comment donc Dieu ne nous récompensera-t-il pas à l'infini, puisque pour obéir à sa loi, nous remettons à nos débiteurs tout ce qu'ils nous doivent sans leur redemander la moindre chose ?
pp. 125-126
Ne considérons point, mes frères, ce plaisir cruel que nous trouvons à exiger des autres tout ce qu'ils nous doivent, mais envisageons le péril où nous nous exposons pour jamais, et la perte que nous faisons volontairement des richesses éternelles. Élevons-nous aujourd'hui au-dessus de tout. Remettons aux hommes ou l'argent qu'ils nous doivent, ou le mal qu'ils ont commis contre nous, afin que notre juge nous traite plus favorablement dans ce que nous lui devons et qu'il nous accorde, par cette facilité à pardonner les injures, ce que nous n'avons pu obtenir de lui par toutes les autres vertus. Ce sera le moyen de jouir éternellement des biens du ciel que je vous souhaite, par la grâce et la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui est la gloire et l'empire maintenant et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
112-1. Le mot pauvres ne traduit que très imparfaitement le grec πτωχόϛ qui signifie étymologiquement ( πτωσσω ) craintif, timide, tremblant, et par extension chétif, misérabie, pauvre. C'est au sens étymologique que saint Chrysostome s'attache ici, de sorte que selon lui l'expression οί πτωγοί τῷ πγεὐματι veut dire : ceux qui ont l'esprit, la conscience timide, tremblante.
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Lenain de Tillemont
Histoire Ecclésiastique
Naissance et éducation de Saint Paul.
192.
Saint Paul était Juif, de la race d'Abraham, et de la tribu de Benjamin. C'est pourquoi saint Augustin lui applique souvent cette prophétie de Jacob, qui marque fort bien ce qu'il a fait contre l'Église étant persécuteur, et ce qu'il a fait pour elle, étant Apôtre : Benjamin est un loup ravissant, qui au matin enleva sa proie, et au soir partagea les dépouilles. Et c'était alors l'explication commune que l'on donnait à ce passage. Il naquit deux ans après Notre-Seigneur 192-1, s'il a vécu environ 68 ans, comme on le lit dans un ancien auteur grec.
Son père était de la secte des Pharisiens. Il avait une sœur et un neveu. Andronique et Junie, qui pouvaient être des 70 disciples, Hérodion qu'il salue dans l'épître aux Romains, Lucius qu'on croit être saint Luc, Jason, et Sosipatre dont il parle dans la même lettre, étaient tous ses parents.
192-193.
Il fut circoncis le huitième jour d'après sa naissance, selon que l'ordonnait la loi de Moïse, et nommé d'abord Saul ou Saül, mais il prit depuis le nom de Paul. Il était né à Tarse, ville célèbre dans la Cilicie, dont elle était dès ce temps-là la métropole ou la capitale ; de sorte que par sa naissance il était citoyen romain. Car ceux de Tarse qui avaient toujours eu beaucoup d'affection pour la maison des Césars, jusqu'à donner à leur ville le nom de Juliople à cause de Jules César, ayant extrêmement souffert durant que Cassius, l'un des assassins de César, était maître de l'Asie, et ayant perdu tous les biens qu'ils possédaient tant en commun qu'en particulier ; Auguste le crut obligé de les récompenser de leurs pertes et de les favorsier autant que Cassius les avait maltraités. Ainsi il leur donna des honneurs, des terres, des privilèges, et d'autres avantages considérables, entre lesquels était le droit de colonie libre, et de bourgeoisie romaine.
Strabon remarque que ceux de cette ville se portaient extrêmement aux lettres et aux sciences, et qu'on en voyait beaucoup sortir de leur pays pour aller étudier ailleurs. Il y avait en effet plusieurs Juifs de Cilicie à Jérusalem, et il semble même qu'il y avaient une synagogue. C'est de cette manière que Saul fut envoyé par son père et sa mère à Jérusalem, où il vécut dès son premier âge, Dieu l'ayant tiré de bonne heure d'une ville, dont les habitants vivaient alors assez généralement dans la fainéantise, et dans les plaisirs.
Il fut élevé à Jérusalem aux pieds de Gamaliel, et instruit dans la manière la plus exacte d'observer la loi de Moïse. Il l'observait en effet si ponctuellement, qu'il y était irrépréhensible, et il prend même ses ennemis pour témoins de la manière dont il avait vécu dans sa jeunesse. Il s'attacha particulièrement à la secte des Pharisiens, la plus exacte et la plus sévère de toutes, mais aussi la plus superbe et la plus opposée à Jésus-Christ. Il était continuellement dans le Temple avec Abibas fils de Gamaliel. Ainsi on pouvait dire qu'il avait l'éclat et la blancheur de la glace ; mais il en avait aussi le froid et la dureté, parce que le Saint-esprit ne l'appelait pas encore, et ne répandait pas encore dans son cœur la chaleur vivifiante de sa grâce. Il fallait que Dieu envoyât sa parole et son feu céleste, pour faire fondre cette glace, et briser cette dureté insensible de son orgueil. Il ne pouvait voir sa vérité, ni l'Église parce que la vanité que lui donnait la fausse justice était comme une enflure qui lui fermait les yeux.
Baronius remarque que c'était une pratique fort commune parmi les Juifs, de faire apprendre un métier à ceux qui étudiaient les lettres saintes, soit qu'ils eussent toujours un moyen de gagner leur vie, soit pour leur faire éviter les déréglements qui naissent de l'oisiveté. Ainsi ce fut peut-être dans ce temps là que saint Paul apprit le métier qu'il exerçait même en prêchant l'Évangile. Néanmoins saint Augustin a cru qu'il n'avait point été élevé à vivre du travail de ses mains, et qu'il n'apprit un métier que pour se pouvoir exempter de recevoir la nourriture de ceux à qui il prêchait. L'un et l'autre est un exemple qui condamne bien notre molesse et notre orgueil.
194.
Son métier était de faire des tentes, qui pouvaient servir aux soldats et aux mariniers. Celles dont on usait en ce temps-là étaient de peaux cousues ensemble. C'est pourquoi saint Chrysostome et saint Théodoret l'appellent un tailleur du cuir.
Saint Chrysostome dit qu'il n'avait point étudié les sciences, et qu'il ne savait point d'autre langue que l'hébreu. Néanmoins étant né dans une ville grecque, il était difficile qu'il ne sût pas aussi le grec. Saint Jérôme infère des citations de quelques poètes grecs qu'on trouve dans ses épîtres, qu'il avait étudié les lettre humaines, quoiqu'il ne les sût pas parfaitement.
192-1 Deux ans avant l'ère commune.
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La Passion de Tullins
Pélerinage diocésain à Lourdes.
Fouad Hasssoun

Paix et réconciliation avec Fouad Hassoun
Quête annuelle de l'association,Notre Dame des Sans Abri
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