Le père Matteo, notre curé.

Horaires du 3 au 9 mai.
Chers paroissiens,
C’est avec une grande joie que je vous invite à vivre une journée exceptionnelle de ressourcement et de partage.
Le 31 mai prochain, notre communauté prendra le chemin d’Ars pour son pèlerinage paroissial.
Ce pèlerinage n'est pas réservé à quelques-uns : il est ouvert à tous, sans exception d'âge. Que vous soyez seul, en famille, jeune ou aîné, votre présence est essentielle pour faire de ce moment un véritable témoignage de notre vitalité paroissiale.
Cette année, nous cheminerons autour d'un thème porteur de sens :
« Action de grâce pour les curés de la paroisse de Saint-Bruno »
Exprimons notre gratitude pour ceux qui guident et guideront notre communauté et confier leur ministère au Seigneur.
Pourquoi Venir ?
Prier ensemble : Nous nous retrouverons au pied de la châsse du Saint Curé d'Ars pour lui présenter nos intentions personnelles et communautaires.
Vivre la Fraternité : Un temps privilégié pour briser l'isolement, discuter et renforcer les liens qui nous unissent.
Se Ressourcer : Profiter du cadre paisible d'Ars pour une pause spirituelle nécessaire dans nos vies bien remplies.
Mon souhait le plus cher est que nous soyons nombreux pour porter ensemble cette prière et vivre ce temps de joie fraternelle.
Inscrivez-vous dès maintenant
Venez, le Saint Curé nous attend !
Père Matteo
Horaires du 26 avril au 3 mai.
ÉgliseSaint-Bruno-les-Chartreux

Le maître autel de l'église.

Le baldaquin.

Saint Bruno.

Le baptistère.

L'autel de la Vierge.

Saint Matthieu.

Saint Marc.

Saint Luc.

Saint Jean.

Sanctus Spiritus

Gloria in excelsis

Vers la Jérusalem céleste.

OEUVRES COMPLÈTES sous la Direction DE M. JEANNIN, Saint-Dizier, tome huitième, Commentaires sur l'Évangile selon saint Jean. BAR-LE-DUC, L. GUÉRIN ÉDITEURS, 1806.
Philippe lui dit : Seigneur, montrez-nous votre Père, et il nous suffit. — Jésus lui répondit : Philippe, il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? Celui qui me voit, voit mon Père. ( Vers. 8, 9, jusqu'au vers. 14. )
Analyse. 469
1. Jésus-Christ proclame sa consubstantialité avec le Père. — 2. Autorité et puissance de Jésus-Christ. — 3. Suivre Jésus-Christ et porter sa croix. — Le sacrifice de la nouvelle loi beaucoup plus excellent que celui de l'ancienne. — Sacrifice du chrétien ; en quoi il consiste. — Les passions et les mauvais désirs étouffent la divine parole. — Ce n'est pas l'amour des richesses qui est notre tyran, c'est notre lâcheté. — On a été longtemps sans connaître l'or et l'argent, d'où naît en nous l'amour des richesses. — Différents désirs : naturels, nécessaires, superflus. — Omettre de faire ce qui est facile, c'est s'ôter toute excuse. — Ne faire pas au moins quelques légères aumônes, c'est se rendre inexcusable.
___
1. Le prophète disait aux Juifs : « Vous avez pris le visage d'une prostituée, vous avez été sans pudeur envers tous » ( Jérém. 3, 3, 70 ). Comme on le voit, ces paroles s'appliquent justement, non seulement à la ville de Jérusalem, mais à tous ceux encore qui résistent impudemment à la vérité. Car Philippe ayant dit à Jésus-Christ : « Seigneur, montrez-nous votre Père », Jésus-Christ lui répondit : « Philippe, il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore ? » Et cependant il se trouve des gens qui, après ces paroles, séparent encore le Fils du Père. Mais, ô hérétiques, quelle plus, grande et plus étroite union pourriez-vous demander ? Sur cette réponse du Sauveur, quelques-uns sont tombés dans l'hérésie de Sabellius. Mais laissons-là les sabelliens et les autres hérétiques, comme étant, par une impiété détestable, diamétralement opposés à la vérité, et attachons-nous à examiner avec exactitude le vrai sens de ces paroles.
« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore, Philippe ? » Quoi ? Êtes-vous le Père que je cherche à connaître ? Non, répond Jésus-Christ. C'est pourquoi il n'a point dit : Vous ne l'avez pas connu, mais « vous ne me connaissez pas encore ». Par où il déclare uniquement que le Fils n'est autre chose que ce qu'est le Père, demeurant néanmoins lui-même toujours le Fils.
469-470
Qu'est-ce qui porta Philippe à faire cette question ? C'est cette parole de son Maître : « Si vous m'aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père » ( Jean 14, 7 ) ; c'est aussi que le Sauveur avait souvent dit la même chose aux Juifs. Comme donc Pierre, les Juifs, ainsi que Thomas, ayant souvent demandé à Jésus qui était son Père, ni les uns ni les autres n'en avaient pas été mieux renseignés, et qu'ils étaient tous demeurés dans l'ignorance : Philippe, qui ne veut point paraître importun, en se joignant aux Juifs pour faire la même question, dit : « Montrez-nous votre Père », mais aussitôt il ajoute : « Et il nous suffit » : Seigneur, nous ne vous demandons rien de plus. Jésus-Christ avait dit : « Si vous m'aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père », et il faisait connaître son Père par lui-même. Philippe, au contraire, change cet ordre, en disant : Montrez-nous votre Père, comme s'il eût parfaitement connu Jésus-Christ. Mais le Sauveur ne se rendit pas à sa demande ; le remettant dans la voie, il lui fit entendre que c'était par lui-même qu'il devait connaître son Père. Philippe voulait voir le Père avec les yeux de la chair, peut-être parce qu'il avait entendu dire que les prophètes avaient vu Dieu. Mais, Philippe, c'est par condescendance que l'Écriture s'exprime ainsi. Aussi Jésus-Christ disait-il : « Nul n'a jamais vu Dieu » ( Jean 1, 18 ) ; et encore : « Tous ceux qui ont ouï la voix de Dieu, et ont été enseignés de lui, viennent à moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu son visage » ( Jean 6, 45 ). Et dans l'Ancien Testament il est écrit : « Nul ne verra ma face sans mourir » ( Exod. 33, 20 ).
Que répond donc Jésus-Christ ? Il lui fait cette forte réprimande : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas encore, Philippe » ( Jean 14, 9 ) ? Le Sauveur n'a point dit : Vous ne m'avez pas vu, mais « vous ne me connaissez pas encore ? » Mais est-ce vous que je demande à connaître ? c'est votre Père que je cherche à voir maintenant ; et vous me répondez : Vous ne me connaissez pas : quel rapport y a-t-il entre cette réponse et la demande que Philippe a faite ? il y en a un très grand. Comme le Fils est une même chose que le Père, tout en demeurant le Fils, c'est avec raison qu'il montre et fait connaître le Père en lui-même. Et ensuite il distingue et sépare les personnes, disant : « Celui qui me voit, voit mon Père », de peur que quelqu'un ne dît que le Père et le Fils étaient le même. Si le Père était le même que le Fils, le Fils ne dirait pas : « Celui qui me voit, voit mon Père ».
Mais pourquoi Jésus Christ n'a-t-il pas répondu à Philippe : Vous demandez une chose impossible, et qui est au-dessus de la nature humaine : il n'y a que moi seul qui aie le pouvoir de voir mon Père ? C'est parce que cet apôtre avait dit : « Il nous suffit », comme s'il l'avait vu lui-même. Mais Jésus-Christ lui fait connaître qu'il se trompe, et qu'il n'a pas vu le Fils lui-même ; car il aurait vu le Père, s'il avait pu voir le Fils. C'est pourquoi il dit : « Celui qui me voit, voit mon Père ». Quiconque m'a vu, verra aussi mon Père ; c'est-à-dire, nul ne peut voir ni moi, ni mon Père. En effet, Philippe cherchait à voir de ses yeux : et comme il croyait avoir vu le Fils, et qu'il voulait voir de même le Père, Jésus-Christ lui montre qu'il n'a vu ni l'un ni l'autre. Que si quelqu'un prétend qu'ici la vision doit s'entendre de la connaissance, je ne m'y opposerai pas : car celui qui me connaît, dit-il, connaît aussi mon Père. Mais ce n'est point là ce que dit Jésus-Christ ; il veut montrer sa consubstantialité, et dit : Celui qui connaît ma substance, connaît aussi celle de mon Père.
Qu'est-ce que cela signifie ? Ne suffit-il pas même de connaître la créature pour connaître aussi Dieu ? Non, il n'en est point de la sorte : tous les hommes connaissent la créature et la voient, mais tous les hommes ne connaissent point Dieu. De plus, examinons ce que Philippe voulait connaître : Était-ce la sagesse du Père ? était-ce sa bonté ? Nullement, mais il voulait connaître ce que c'est que Dieu, il voulait connaître sa substance. C'est pour cela que Jésus-Christ répond : « Celui qui me voit ». Mais celui qui voit la créature, ne voit point la substance de Dieu. « Celui qui me voit, voit aussi mon Père », dit Jésus-Christ ; ce qu'il n'aurait point dit, s'il eût été d'une autre substance. Mais, pour me servir d'un exemple plus grossier, je dis : Celui qui n'a jamais vu d'or, ne peut point connaître sa substance en voyant l'argent ; car on ne connaît pas une nature par une autre. Voilà pourquoi Jésus-Christ a justement repris Philippe par ces paroles : « Il y a a si longtemps que je suis avec vous ». Quoi ! J'ai eu la bonté de vous enseigner une si grande et si sublime doctrine, vous avez vu les miracles que j'ai faits avec autorité et avec une puissance absolue, vous avez vu tout ce qui est propre et n'appartient qu'à la divinité, et ce que le Père seul peut faire, vous me l'avez vu faire à moi : vous m'avez vu remettre les péchés, découvrir et relever ce qu'il y a de plus caché dans le cœur, chasser la mort, ressusciter les morts, vous m'avez vu créer des yeux avec de la terre, « et vous ne me connaissez pas encore ? »
470-471
2. Si Jésus-Christ a dit : « Vous ne me connaissez pas encore », c'est parce qu'il était revêtu de la chair. Vous avez vu mon Père, n'en demandez pas davantage : en me voyant, vous l'avez vu. Si vous m'avez vu, ne cherchez pas curieusement à connaître mon Père ; car vous l'avez connu en moi-même. « Ne croyez-vous pas que je suis dans mon Père ( 10 ) ? » C'est-à-dire, je parais dans cette même substance. « Ce que je vous dis, je ne le vous dis pas de moi-même » ( Ibid. ). Ne voyez-vous pas, mes frères, combien est grande et excellente l'union qui est entre le Père et le Fils ? ne remarquez-vous pas la preuve d'une seule et même substance ? « Mais mon Père, qui demeure en moi, fait lui même les œuvres » ( Ibid. ) que je fais. Comment donc le Sauveur, ayant commencé sa preuve par les paroles, passe-t-il aussitôt aux œuvres ? Car ce qu'il voulait prouver demandait qu'il dît : Le Père dit les paroles que je dis : c'est qu'ici il présente en même temps deux choses, et la doctrine et les miracles : ou encore, il en use de la sorte, parce qu'en Dieu les paroles sont aussi les œuvres. Comment le Père fait-il donc les œuvres ? En effet, le Fils dit en un autre endroit : « Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas » ( Jean 10, 37 ). Comment, dis-je, Jésus-Christ, après avoir dit qu'il fait les œuvres, dit-il ici que le Père les fait ? Il le dit, pour montrer qu'il n'y a point de milieu ou d'intervalle entre le Père et le Fils : et c'est comme s'il disait : Le Père ne fait pas une chose, et moi une autre 471-1. Car il est écrit ailleurs que le Père agit également : « Mon Père ne cesse point d'agir jusqu'à présent, et j'agis aussi incessamment » ( Jean 5, 17 ). Là, Jésus-Christ fait voir qu'entre les œuvres du Père et les œuvres du Fils, il n'y a nulle différence ; ici il déclare que le Père et le Fils sont une même chose.
Que si ces paroles présentent d'abord quelque chose de bas, ne vous en étonnez point. Le Sauveur ayant dit auparavant : « Vous ne croyez pas », il a parlé ensuite dans ces termes, pour vous faire connaître qu'il n'a tempéré ses paroles de cette manière, qu'afin d'amener ses disciples à la foi. Jésus-Christ était dans leur cœur, il voyait tout ce qui s'y passait. « Ne croyez-vous pas que je suis dans mon Père, et que mon Père est dans moi ( 11 ) ? » Sûrement il fallait, dit le Sauveur, qu'ayant entendu nommer le Père et le Fils, vous n'allassiez rien chercher de plus : il fallait aussitôt reconnaître que la substance est égale et la même. Que si cela n'est pas pour vous une suffisante démonstration de l'égalité de rang et de la consubstanlialité, apprenez-le encore par les œuvres, que la substance et la dignité sont égales. Et si Jésus-Christ, en disant : « Celui qui me voit, voit mon Père », avait voulu parler des œuvres, il n'aurait pas ensuite ajouté : « Croyez-le au moins à cause des œuvres » que je fais. Après quoi, voulant montrer que, non seulement il pouvait faire ces choses, mais aussi de beaucoup plus grandes, il s'élève et parle hyperboliquement. Car il ne dit pas : Je puis faire de plus grandes œuvres, mais, ce qui est beaucoup plus admirable : Je puis, dit-il, je puis donner aux autres le pouvoir d'en faire de plus grandes.
« En vérité, en vérité, je vous le dis : Celui qui croit en moi, fera lui-même les œuvres que je fais, et en fera encore de plus grandes, parce que je m'en vais à mon Père ( 12 ) ». C'est-à-dire, ce sera à vous désormais à faire les miracles, car je m'en vais. Ensuite, ayant fini d'expliquer ce que demandait la suite de son discours, le Sauveur dit : « Quoi que ce soit que vous demandiez en mon nom, vous l'obtiendrez, et je le ferai, afin que mon Père soit glorifié en moi ( 13 ) ». Ne le remarquez-vous pas, mes frères, que c'est encore le Fils qui fait les œuvres ? Je le ferai, dit-il ; et il n'a point dit : « Je prierai mon Père » ; mais : « Afin que le Père soit glorifié en moi ». Et cependant il avait dit ailleurs : « Dieu glorifiera son Fils en lui-même » ( Jean 8, 54 ) ; mais ici il dit : Le Fils glorifiera le Père. Comme on verra que le Fils a le pouvoir de faire de grandes œuvres, son Père en sera glorifié.
471-472
Que veut dire cette parole : « En mon nom ? » Ce que disaient les apôtres : « Au nom de Jésus-Christ, levez-vous et marchez » ( Act. 3, 6 ). Car tous les miracles que faisaient les apôtres, c'était lui-même qui les opérait. Et : « La main du Seigneur était avec eux » ( Act. 11, 21 ). « Je le ferai », dit-il. Ne voyez-vous pas son autorité ? Ce que font les autres, c'est lui-même qui le fait ; et ce qu'il voudra faire par lui-même, il ne le pourra pas, si le Père ne lui eu donne la vertu et le pouvoir ? Qui oserait proférer une pareille absurdité ? « Je le ferai » : pourquoi ne le dit-il qu'après ? C'est afin de confirmer ce qu'il a dit d'abord, et de faire connaître quil a parlé d'abord le langage de la condescendance. « Je m'en vais à mon Père ». Par ces paroles, Jésus-Christ veut faire entendre ceci à ses disciples : Je ne mourrai point, mais je demeure dans toute ma dignité, et je suis dans le ciel. Au reste, le Sauveur disait toutes ces choses à ses apôtres pour leur consolation. Comme il était vraisemblable que, n'ayant pas encore une pleine connaissance de la résurrection, il leur venait dans l'esprit bien des idées tristes et affligeantes, leur Maître leur promet qu'ils auront le pouvoir de faire à d'autres les mêmes choses qu'il a faites lui-même, qu'il aura toujours soin d'eux ; il leur fait connaître qu'il demeure toujours, et que non seulement il demeure, mais encore qu'il leur donnera des marques sensibles d'une plus grande vertu et d'un plus grand pouvoir.
3. Suivons donc Jésus-Christ et portons sa croix. Encore qu'aujourd'hui il n'y ait point de persécution, nous avons en perspective un autre genre de mort. « Faites mourir », dit l'apôtre, « les membres de l'homme terrestre qui est en vous » ( Col. 3, 5 ). Faisons donc mourir la concupiscence, la colère, l'envie. C'est là le vivant sacrifice : et un sacrifice qui ne se réduit point en cendres, qui ne se dissipe point en fumée, qui n'a besoin ni de bois, ni de feu, ni d'épée : le feu et l'épée, il les a en soi ; et c'est le Saint-Esprit. Servez-vous de cette épée pour couper, pour retrancher tout ce qu'il y a d'étranger et de superflu dans votre cœur, et pour ouvrir vos oreilles qui sont bouchées. Les maladies de l'âme, les passions et les mauvais désirs ferment l'entrée à la divine parole. Le désir des richesses ne nous permet pas d'entendre la parole qui nous excite à faire l'aumône, l'envie étouffe la parole qui nous exhorte à la charité : d'autres maladies encore rendent notre âme lâche et paresseuse en tout. Arrachons donc de nos cœurs les mauvais désirs : il suffit de vouloir, et tout s'éteint.
En effet, ne considérons pas, je vous prie, que l'amour des richesses est un tyran : n'imputons cette tyrannie qu'à notre lâcheté. Bien des gens disent qu'ils ne savent pas ce que c'est que l'argent. Ce désir ne nous est pas naturel : les désirs naturels sont nés avec nous dès le commencement, et on a longtemps ignoré ce que sont l'or et l'argent. D'où s'est-il donc produit en nous ce désir des richesses ? De la vaine gloire et de notre extrême paresse. Parmi les désirs qui se trouvent dans l'homme, les uns sont nécessaires, d'autres sont naturels : et il y en a qui ne sont ni l'un ni l'autre. Par exemple : il y a des désirs qui, s'ils ne sont remplis, font mourir l'animal, et ceux-là sont naturels et nécessaires, comme le désir de manger, de boire, de dormir. La concupiscence de la chair est naturelle, mais n'est point nécessaire : plusieurs l'ont maîtrisée et domptée et n'en sont point morts. L'amour des richesses n'est ni naturel, ni nécessaire, mais superflu. Si nous le voulons, nous secouerons le joug de sa tyrannie.
Et certes, Jésus-Christ, parlant de la virginité, dit : « Qui peut comprendre ceci, le comprenne » ( Matth. 19, 12 ). Mais sur les richesses, il ne parle pas de même ; et que dit-il ? « Quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il a, ne peut être mon disciple » ( Luc 14, 33 ). À l'égard de ce qui est facile, le Sauveur use d'exhortation tout en laissant à la volonté ce qui surpasse les forces de plusieurs. Pourquoi nous rendons-nous donc inexcusables ? Celui qui est attaqué d'une forte et violente maladie, ne sera pas rigoureusement puni ; mais celui qui n'est atteint que d'une faible et légère infirmité, reste sans excuse. Qu'aurons-nous à répondre à Jésus-Christ, quand il nous dira : « Vous m'avez vu avoir faim, et vous ne m'avez pas donné à manger » ( Matth. 25, 42 ) ? Quelle excuse aurons-nous ? Prétexterons-nous notre pauvreté ? Mais nous ne sommes pas plus pauvres que cette veuve de l'Évangile, qui, pour avoir donné deux oboles ( Marc 12, 42 ), surpassa tout le monde. Dieu n'exige pas de nous de grandes offrandes ni de grandes aumônes ; il ne mesure que notre bonne volonté. Et en cela même éclate sa providence. Admirons donc cette infinie bonté du Seigneur, et offrons-lui ce que nous pouvons, afin que dans cette vie et dans l'autre, nous puissions attirer sur nous sa grande miséricorde, et obtenir les biens qu'il nous a promis, par la grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient la gloire, dans tous les siècles des siècles ! Ainsi soit-il.
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Note
471-1 Le Père n'agit pas séparément de moi, il ne fait pas une autre œuvre que celle que je fais : ce qu'il fait. je le fais ; ce que je fais, il le fait : Car Nous sommes une même chose.
⁂
Lenain de Tillemont, Histoire ecclésiastique, Édition de Venise, MDCCXXXII
Livre VI (saint Pierre), Article XVII.
Élection des sept diacres : Beaucoup de prêtres convertis. — Mort de saint Étienne. — Saint Jacques établi évêque de Jérusalem.
140.
Le diable avait inutilement employé la rage du lion, et la violence ouverte contre l'Église. Mais comme il ne peut jamais cesser de la combattre, il usa aussitôt de la ruse du serpent et tâcha de la ruiner en affaiblissant par quelque division cette union admirable qui était entre les fidèles. Dieu permettait ainsi que l'Église fût ainsi attaquée dès son origine, et au dehors par ses ennemis et au-dedans par les scandales de ses enfants, pour consoler ceux qui doivent ressentir ces mêmes maux dans la suite de tous les siècles.
140-141.
Comme les fidèles avaient mis tous leurs biens en commun, il fallait avoir soin de distribuer à chacun ce qui était nécessaire. Les Apôtres ne pouvaient pas prendre ce soin, au moins dans le détail, n'étant pas juste qu'ils quittassent la prédication de la parole de Dieu, pour prendre garde comment les tables étaient servies. Soit donc que ceux qui en étaient chargés, ne s'en acquittassent pas avec assez de vigilance, soit que cela vînt de la faute des peuples, comme l'Écriture le semble marquer, en disant que le scandale vint lorsque le nombre des disciples se multipliait. les fidèles 140-1 des pays étrangers qui parlaient grec, commencèrent à murmurer contre les naturels de la Palestine et à se plaindre qu'on méprisait leurs veuves dans la dispensation de ce qui se donnait chaque jour, ou parce qu'on ne leur donnait pas le soin de distribuer les aumônes ; ou ce qui semble plus probable, parce qu'on leur en distribuait moins qu'aux autres.
Les Apôtres se hâtèrent de pourvoir à un mal si dangereux avant qu'il devînt plus grand. Ils firent assembler les disciples, et leur dirent qu'ils pouvaient élire sept personnes d'une probité reconnue, pleins de l'Esprit-Saint et de sagesse, à qui, dirent-ils, nous commettrons ce ministère ; et pour nous, nous nous appliquerons entièrement à la prière et à la prédication de la parole. Ainsi ils rendent raison de leur conduite au peuple, et lui laissent même le choix des personnes, quoiqu'ils pussent bien le faire eux-mêmes par la lumière du Saint-Esprit. Et c'est, dit saint Chrysostome, ce qui se devrait faire encore. Ils veulent que ces personnes soient pleines de sagesse. Car quoique ce ne fût pas pour leur confier le ministère de la parole, néanmoins la dispensation même des aumônes demande beaucoup de prudence.
Une proposition si sage ne manqua pas d'être approuvée de tout le monde. Le peuple choisit sept personnes, et les présenta aux Apôtres qui leur imposèrent les mains après avoir fait des prières. Et c'était l'ordinaire des Apôtres de ne rien faire sans la prière et sans le jeûne. Car l'homme impose la main, mais c'est Dieu qui fait tout, dit saint Chrysostome, et qui touche la tête de celui qui est ordonné, lorsqu'il est ordonné comme il faut.
Ces sept personnes étaient Étienne, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parmenas, et Nicolas. Ce fut par eux que commença l'ordre sacré des Diacres. Saint Cyrille de Jérusalem les appelle les premiers nés de son Église. Saint Épiphane croit qu'ils étaient du nombre des septante Disciples : à quoi il y a peu d'apparence, puisque ceux-ci avaient été destinés par Jésus-Christ pour le ministère de la prédication. Ainsi le plus sûr est d'avouer, comme le fait saint Augustin à l'égard de saint Étienne, que nous ne savons point s'ils avaient été disciples de Jésus-Christ avant sa mort, ou s'ils n'ont été convertis qu'après la Pentecôte par la prédication des Apôtres.
Saint Étienne est nommé le premier des sept Diacres, comme saint Pierre entre les Apôtres, et même l'histoire de la révélation de ses reliques l'appelle l'Archidiacre. Elle porte qu'il avait reçu cette dignité dans la sainte église de Sion, dont nous avons parlé ci-dessus.
142.
L'Écriture remarque après l'élection des sept Diacres, que la parole de Dieu se répandait de plus en plus, et que le nombre des disciples augmentait fort dans Jérusalem, parce que rien n'est si puissant pour la conversion des cœurs que l'établissement de l'ordre dans ceux qui sont déjà convertis. Il y en avait aussi beaucoup d'entre les Prêtres qui obéissaient à la foi, touchés, comme nous l'avons dit, par le discours de Gamaliel. Ainsi Jésus-Christ était adoré par ceux qui avaient procuré sa mort, qui avaient excité les peuples à la demander, et qui avaient insulté à ses souffrances.
Ce progrès de l'Évangile fut cause d'une nouvelle persécution, et de la mort de saint Étienne, dont nous parlerons en un autre endroit. Cette mort arriva 142-1, autant qu'on peut le juger probablement, sur la fin de la même année en laquelle Jésus-Christ avait voulu opérer les plus grands ouvrages. Comme on prévoyait qu'elle pourrait avoir de grandes suites, les Apôtres jugèrent peut-être qu'il était à propos de donner à l'Église de Jérusalem un pasteur propre, qui fût chargé du soin de tout ce qui regardait l'utilité des âmes ; ce que la tradition de l'Église a accoutumé de marquer par le nom d'Évêque. Saint Pierre, saint Jacques le Majeur, et saint Jean, ne songèrent point, dit Eusèbe après Clément d'Alexandrie, à s'attribuer cet honneur, sous prétexte que Jésus-Christ les avait préférés aux autres ; mais ils le déférèrent à saint Jacques le Juste ou le Mineur, qu'ils choisirent pour être Évêque de Jérusalem, comme Jésus-Christ même, selon quelques anciens, l'avait déjà choisi pour cela avant son Ascension. Quoique la qualité d'Apôtre lui donnât une autorité générale pour la conduite de toute l'Église, il semble néanmoins qu'il ait été installé dans le gouvernement particulier de celle de Jérusalem, par quelque cérémonie particulière le 27 de décembre, auquel les plus anciens martyrologes marquent l'ordination de cet Apôtres par les autres.
140-1 Pearson veut que ce fussent les Prosélytes, qui néanmoins ne pouvaient pas être en fort grand nombre. Il allègue contre l'autre sens diverses raisons, auxquelles il ne serait pas difficile de répondre.
142-1 Pearson finit l'an 33 avant l'élection des sept Diacres. Néanmoins puisqu'il paraît qu'on a toujours fait la fête de saint Étienne le lendemain de Noël, il y a plus de raison de finir l'année par sa mort ; et c'est l'opinion commune, contre laquelle Pearson n'allègue rien.
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Pélerinage diocésain à Lourdes.
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