Le père Matteo, notre curé.

Horaires du 24 au 30 mai.
Horaires du 17 au 23 mai.
ÉgliseSaint-Bruno-les-Chartreux

Le maître autel de l'église.

Le baldaquin.

Saint Bruno.

Le baptistère.

L'autel de la Vierge.

Saint Matthieu.

Saint Marc.

Saint Luc.

Saint Jean.

Sanctus Spiritus

Gloria in excelsis

Vers la Jérusalem céleste.

Cardinal LUSTIGER.
Homélie du dimanche 30 mai 1982 à Notre-Dame de Paris — Fête de la Pentecôte Actes 2, 1-11 / I Corinthiens 12, 3-13 / Jean 20, 19-23
In revue Communio de janvier février 2023: La mission de l'Esprit.
https://communio.fr/
Cardinal Jean-Marie Lustiger
Combien souvent, frères et sœurs, entendons-nous en nous-mêmes et autour de nous la question : « Mais où donc est Dieu ? » Combien de fois, dans le cours présent des choses, dans ce bouleversement prodigieux de notre civilisation, parfois devant le fracas des guerres, devant les déchirements du monde, devant le malheur et parfois la haine qui, sans cesse, habite le cœur des hommes, devant ce qui semble être une impossibilité pour l’humanité d’acquérir un peu de sagesse et de pouvoir vivre selon ce qui apparaît comme le bien de tout homme ; combien de fois l’affirmation fondamentale de la toute-puissance et de la présence de Dieu, comme de sa bonté, nous apparaît comme insoutenable ? Combien de fois avons-nous envie de penser : « Non, l’idée que je me fais de Dieu est un rêve », et celui vers qui nous nous tournons, peut-être n’est-il que le reflet du vide du monde ? Combien de fois avons-nous été comme impuissants à soutenir l’objection de ceux qui disent ne pas croire, ou qui affirment ne pas pouvoir croire ?
Ne pensez pas que cette objection soit une objection moderne, comme si, en d’autres temps, il eût été comme naturel et spontané de croire en Dieu et en sa présence. Il n’est ni plus facile, ou plutôt, il est tout aussi difficile pour nous, aujourd’hui, de croire en cette révélation que Dieu fait de son existence et de son amour, que cela l’a toujours été, et peut-être que cela l’a été à cette génération décisive qui, pour nous, marque le pivot de l’histoire du monde, la génération des hommes et des femmes qui furent les témoins de la Passion de Jésus de Nazareth. Car l’impossibilité de croire, l’absence de Dieu n’ont jamais été aussi tragiquement affirmées qu’en ce jour du Vendredi saint où Jésus est mort seul sur la croix. Le défi de la foi n’a jamais été aussi grand que celui vécu par le Fils unique de Dieu fait chair, en la solitude de sa Passion. Les bouleversements de notre monde, pesés au poids des épreuves spirituelles, ne sont rien à côté de cet instant singulier, tel que seul Jésus de Nazareth peut le vivre.
Nous ne faisons que vivre les insécurités auxquelles les hommes ont toujours été soumis d’une manière ou d’une autre. Nous ne faisons que vivre la condition mortelle des hommes qui voient se succéder, telles les vagues de la mer, les civilisations, les cultures, les mentalités, les tournures d’esprit et les langues. Parce que nous sommes des pays riches, parce que nous sommes des civilisations anciennes, nous avons perdu la mémoire des horreurs successives dans lesquelles l’humanité a été plongée. Mais pensez à ce qu’ont pu vivre, encore récemment, telle ou telle nation de l’Asie du Sud-Est. Et souvenez-vous qu’un tel sort a été aussi le sort de nos contrées, de nos pays à d’autres époques ou à d’autres moments. Il n’y a là rien de très original, sinon le paradoxe scandaleux de la condition humaine. Mais la solitude absolue du Christ face à son Père, elle est unique, tout comme est unique le don qui nous est fait de l’Esprit saint qui nous donne la grâce de croire.
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La foi n’est pas un produit social. La foi n’est pas une production de la culture. La foi est un don de l’Esprit qui envahit et saisit le cœur des hommes. La foi n’est pas une conviction qui s’installerait dans la stabilité des monuments, des rites et des coutumes. La foi est un événement par lequel Dieu lui-même, en donnant son Esprit, ouvre le cœur d’hommes et de femmes pour qu’à leur tour, ils vivent de la vie des enfants de Dieu. La foi n’est pas quelque chose que l’on pourrait comme recevoir et tenir ainsi qu’une propriété que l’on aurait à sa main. La foi est d’abord un acte de Dieu qui nous saisit. Ce n’est pas nous qui avons la foi : c’est Dieu qui nous prend. Ce n’est pas nous qui perdons la foi : c’est nous qui lâchons Dieu.
Et donc, le premier don de la Pentecôte est que Jésus de Nazareth, lui le Fils unique de Dieu fait chair, qui est allé à l’ultime point où l’homme est vaincu, loin de Dieu, en rupture complète avec sa propre existence, avec ses frères, avec le monde, au point où l’homme est perdu corps et biens, au point où il n’y a plus d’esprit, il n’y a plus de souffle, où il n’y a plus que la mort et l’ultime perte de toute espérance et de toute ambition et de tout projet, le Christ, recevant du Père l’existence ressuscitée, désormais répand l’Esprit Saint, la vie divine sur ses frères et ses sœurs à qui il accorde la grâce de la foi. Et ainsi, aimés de Dieu, choisis par lui, rassemblés par lui, vous pouvez croire, non pas en vous persuadant vous-mêmes, mais en vous soumettant à l’Esprit Saint.
Et croire, cela voudra dire être capables de vivre la même passion que celle de Jésus, entrer dans le même combat de la foi que celui de Jésus, accepter le même défi de la solitude dans le monde pour y être le témoin de la communion de l’amour et de la force de Dieu qui ressuscite les morts. Loin de vous éloigner du combat, la grâce de la foi vous plonge dans le combat du Christ. Loin de vous épargner les coups, la grâce de l’Esprit vous donne la force de les recevoir. Loin de vous dispenser de l’affrontement, le don de Dieu vous rend capables de le vivre comme une délivrance et comme une naissance.
Par la foi, nos péchés sont pardonnés, c’est-à-dire que nous vivons réconciliés avec le Père des cieux, que nous vivons désormais divinement. Et désormais, l’existence nous apparaît comme une merveille de Dieu dont il nous appartient de porter le poids et la révélation. Désormais, nous partageons la mission du Christ : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie », vous ai-je dit tout à l’heure de la part du Christ. Et ayant ainsi parlé, il les inspira, il les remplit de son Esprit : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous retiendrez les péchés, ils seront retenus ; ceux à qui vous les leur pardonnerez, ils seront pardonnés » ( Jean 20, 21-23 ).
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Ainsi nous est donné, par le pardon des péchés, le partage de la mission du Christ, la grâce de la foi, la possibilité d’aimer. Et désormais, l’Esprit Saint est à l’œuvre dans ce monde, au travers de vos existences, de nos existences. Vous n’avez pas à chercher les signes de Dieu à l’extérieur de vous-mêmes. Vous n’avez pas à chercher les signes de Dieu dans les événements tels qu’ils se présentent aux yeux du monde, car là, vous ne les verrez pas. Vous ne verrez que l’incohérence des desseins humains et les contradictions de l’histoire. Un jour, vous direz : « Voilà, telle chose est belle qui vient de se produire ; c’est la main de Dieu ». Et le lendemain, ou au moment même, vous verrez l’autre face des choses, et peut-être le scandale, le trébuchement auquel vous succomberez parce que sous cette belle chose, ou pour payer cette belle chose, vous aurez découvert ou la souffrance, ou le mal, ou le mensonge, ou la détresse.
Qui peut, avec certitude, dire : « Le Christ est là, le règne de Dieu est là » ? Qui peut appuyer sa foi sur des signes extérieurs qui seraient comme une réalité que l’homme pourrait saisir et prendre ? Ceci, ce sont les païens qui le réclament, car les païens placent leur dieu en ce monde et font de leur dieu une réalité du monde. Notre Dieu est au ciel. Il dépasse le monde de toutes parts puisqu’il le crée. Notre Dieu est amour, et donc son amour est plus fort, plus souverain, plus enveloppant que toutes les contradictions de nos amours.
Où est-il, notre Dieu ? Il est dans ce don de l’Esprit qui nous transfigure. Nous voyons le Christ en lui devenant semblables. Le signe de la présence du Christ, c’est que par le don de l’Esprit, nous devenons capables de le suivre en sa Passion. Le signe de la présence du Christ, c’est que Dieu veut agir à travers ses frères et ses sœurs, connus ou inconnus, dont il fait les membres du corps du Christ. Le Christ est présent et Dieu se manifeste à travers l’œuvre qu’il accomplit en cette part d’humanité qui est donnée au monde comme instrument de l’amour et de la rédemption. Le Christ est saisissable quand nous offrons nos libertés au Père par la puissance de l’Esprit, et qu’ainsi nous sommes conformés au Christ. Il n’y a pas d’autre présence visible du Christ en ce monde que dans les sacrements que le Christ a lui-même donnés. Et alors, ceux et celles qui partagent l’existence du Christ peuvent voir le monde comme Jésus le voit du haut de sa croix et comme le Ressuscité contemple toutes choses dans la gloire du Père. Cela, nous ne le voyons encore que de façon voilée et comme en espérance ( 1 Corinthiens 12, 12 ).
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Vous voyez bien que Dieu est présent en ce monde, puisque l’Esprit Saint vous est donné et qu’il fait de vous les membres du Christ. Et vous voyez bien que le lieu où Dieu se manifeste en ce monde, c’est l’Église, temple saint de l’Esprit Saint, œuvre divine, et non pas simple rassemblement humain qu’il serait au pouvoir des hommes de juger. Bien sûr, nous sommes pécheurs et hommes. Bien sûr, il y a dans l’Église tous les conditionnements et toutes les déterminations de l’histoire et des sociétés. Bien sûr, on peut nous regarder et nous voir de la façon dont les hommes se regardent les uns les autres. Mais ce n’est pas l’Église telle que Dieu nous donne de la voir. Nous devons voir l’Église avec les yeux mêmes dont le Christ la contemple et la reçoit. Car nous ne pouvons voir l’Église telle qu’elle est que dans le regard du Christ. Sinon, nous ne la voyons pas – pas du tout. Nous ne voyons qu’une association de chrétiens. Nous ne voyons pas l’Église que Dieu rassemble. Nous ne la saisissons pas dans le dessein d’amour de Dieu. Et l’Esprit lui-même qui nous donne cette puissance de regard est invisible, sauf quand il se rend perceptible dans la sainteté qu’il nous donne, dans le pardon qu’il nous donne, dans la vie qu’il nous donne, dans la force qu’il nous donne.
Ainsi frères, il nous faut entrer dans l’action de Dieu pour que Dieu se manifeste à nous et soit manifesté au monde. Et cela, Dieu le fait. De cela, Dieu seul est le juge et l’auteur. Il est donc absurde de penser que les choses vont bien ou vont mal pour l’Église. Cela n’a aucun sens. Il est absurde de juger qu’elle est en récession ou en progression. Ces mots-là n’ont aucune signification. Il n’y a, en dehors des sacrements, aucun critère qui permette d’établir que l’Esprit Saint est présent et agit, car Dieu seul le sait. Et la seule mesure pour nous, c’est de répondre à Dieu dans la foi et la fidélité, pour porter du fruit.
Alors, frères, entrez dans la joie de Dieu, accueillez l’Esprit qui nous est donné. Entrons dans cette œuvre de salut dont nous sommes nous-mêmes à la fois les instruments et les bénéficiaires. Temps de Pentecôte, temps de l’Église, notre temps. Temps béni du salut du monde. Temps de la grâce et du pardon. Temps de l’espérance que nous devons porter envers et contre tout. Espérant contre toute espérance, désormais habités par l’Esprit, nous devenons les témoins de l’Évangile du Christ.
Que le Seigneur vous comble de ses biens.
Jean-Marie Lustiger ( 1926-2007 ), prêtre en 1954, archevêque de Paris ( 1981-2005 ), cardinal en 1983.
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Pierre EmmanuelÉvangéliaire
Painting made by Willy Eisenschitz
Or maintenant je vais à qui m'envoie
Aucun de vous ne demande Où vas-tu
Le cœur rempli de sa vieille tristesse
Car vous savez
Du vieillard nu que sa mort va langer
Au nouveau-né langé dans ses eaux-mères
Vous savez tous comme vous respirez
Que je suis mort
Vos yeux m'ont vu mort et rené des morts
Mais vous doutez du corps que vous voyez
En cet instant où vous foulez mon ombre
La projeter
Maintenant que je vais à qui m'envoie
Et qu'à jamais je m'absente d'ici
Plus vous crierez Il est ressuscité
Moins vous croirez
Qui moi présent lamente mon absence
Tout lui sera si proche et plein sans moi
Si vide et loin son intime silence
Orée du mien
Encore un peu vous ne me voyez plus
Seule ma mort vous demeure en mémoire
Ni la résurrection ni la gloire
Ne sont venues
Pourtant l'oiseau dont Zénith est le nom
C'est votre cœur que son poids pétrifie
Pierre et Phénix qui ne sont qu'un s'ignorent
Telle est la foi
L'Esprit ainsi d'un lent battement d'ailes
Monte et s'abaisse à l'unisson d'un sein
Lequel ne sait qu'il respire et soutient
Le Paraclet
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